
Collecter les histoires d’ici et d’aujourd’hui. Documenter ce que je vois. Le mettre en forme, l’archiver. Le diffuser au plus grand nombre.
Je le fais par la BD, la peinture ou le street-art afin de communiquer partout où je peux les histoires que je recueille et mets en forme.

Avant tout je suis un artiste.
1- A travers ma pratique, j’essaie de décrire le monde que je vois autour de moi. A partir d’interviews, d’enquêtes de terrain, de documentation, je le raconte en BD, mais aussi en dessin, en tableau ou en fresques. Et à chaque fois j’essaie de coller au plus proche du réel… le réel non pas dans les représentations graphiques, mais certainement dans les récits.
2- Je suis persuadé que nous vivons dans un monde dont la trame est filée d’histoires et que les acteurs les plus importants de nos sociétés y font circuler leurs récits. Ces acteurs sont des hommes politiques, des journalistes, des influenceurs et bien sûr des entreprises par le biais de la publicité. Ces récits donnent le beau rôle à ces même acteurs, les présentant comme les hommes providentiels de notre modernité. A rebours de ces récits héroïques, ma conviction est que les histoires les plus réelles et importantes sont celles de tous les invisibles sans qui nos sociétés ne fonctionneraient pas. On les a vu à peine émerger de l’oubli pendant la pandémie du Covid quand soudain, on s’est aperçu que la société tournait parce que ces personnes, nombreuses, humbles et silenciées, s’activaient dans l’ombre.
3- Mon projet est alors de parler de ces invisibles, de documenter et présenter les récits de celles et ceux que l’on ne voit pas, de celles et ceux que l’on ignore parce qu’il sont trop rarement médiatisés. Au-delà de ces personnes, mes histoires portent aussi sur des sujets peu abordés, des lieux oubliés de beaucoup ou méconnus, des évènements qui n’évoquent presque rien à beaucoup trop de monde. Je crois que tous ces sujets sont importants parce qu’ils contribuent à façonner le monde dans lequel nous vivons…
4- Bien sûr, ces trous ou absences dans les histoires majoritaires sont nombreuses, trop nombreuses car dans la multitude de narrations seuls quelques récits dominent et s’imposent. Aussi avec mes petits pinceaux je me « contente » de raconter ce que je vois aujourd’hui et autour de moi. Mes histoires sont situées, elles sont proches. C’est pour cela que je parle essentiellement du Liban et de la France, les deux endroits où je vis.
5- Je mets ensuite beaucoup d’efforts pour faire se répandre mes histoires, dans mes livres, bien sûr, mais aussi dans des expositions, sur les réseaux sociaux et jusque sur les murs des rues du monde. Là encore je crois que la culture telle qu’elle est enseignée, pratiquée et soutenue par les institutions est bien souvent élitiste, excluante et finalement destinée à rester dans les hautes marges. Elle ne parle pas des invisibles, mais elle n’est pas non plus profilée pour eux ou elles. Dans mon projet, j’essaie d’aller plus loin et au contraire de m’adresser à toutes et tous.

